L’arrivée de la saison des pluies, attendue chaque année comme une bénédiction pour les cultures du Grand Nord camerounais, s’est ouverte en juin 2026 sur une note dramatique. Dans l’arrondissement de Koza, une jeune fille a perdu la vie, emportée par les eaux lors des premières précipitations violentes. Le drame illustre la vulnérabilité d’une région où chaque début de saison humide ravive la crainte des inondations.
('Des premières pluies aussi attendues que redoutées
\nDans l’Extrême-Nord, la saison des pluies conditionne toute l’année agricole. Mais les premières averses, souvent brutales après de longs mois de sécheresse, tombent sur des sols durcis qui peinent à absorber l’eau. Les mayos — ces cours d’eau saisonniers — se gonflent en quelques heures et débordent, transformant pistes et bas-fonds en torrents. À Koza, dans le Mayo-Tsanaga, c’est en tentant de traverser une zone inondée qu’une adolescente a été emportée, un fait divers qui a bouleversé la communauté locale et rappelé les risques mortels de la montée des eaux.
\n', 'Des populations déjà fragilisées par les crises
\nCes inondations frappent une région qui sortait à peine de la période de soudure, ce creux alimentaire annuel qui laisse les ménages sans réserves. Selon le cadre harmonisé relayé par OCHA, plus d’un million de personnes restaient en insécurité alimentaire sévère dans l’Extrême-Nord au premier trimestre 2026. Les familles déplacées par les violences liées aux groupes armés du bassin du lac Tchad, installées dans des abris précaires, comptent parmi les plus exposées : une simple crue peut emporter tentes, vivres et le peu de biens accumulés.
\n', 'Prévenir avant le pic de la saison
\nLes autorités régionales et les acteurs humanitaires redoutent surtout les semaines à venir, lorsque les pluies atteindront leur intensité maximale, généralement en août. Le curage des canaux, le renforcement des digues autour de Maga et la sensibilisation des riverains aux zones à risque figurent parmi les mesures d’urgence évoquées. Mais le sous-financement chronique du Plan de réponse humanitaire pour le Cameroun — couvert à moins de la moitié de ses besoins — limite les capacités de prévention. Pour les habitants du Grand Nord, la saison des pluies demeure ce paradoxe cruel : indispensable aux récoltes, mais porteuse de dangers que les infrastructures peinent encore à contenir.
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