Le divorce politique entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES) n’a pas tout emporté. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a approuvé l’adhésion du Burkina Faso, du Mali et du Niger à son Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (GIABA). Une décision qui montre que, sur les dossiers techniques et sécuritaires, les ponts entre les deux ensembles ne sont pas totalement coupés.
('Une coopération technique préservée
\nMalgré le retrait formel des trois pays sahéliens de la CEDEAO et la constitution de leur propre confédération, le GIABA — bras régional de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme — conserve une dimension opérationnelle qui transcende les frontières politiques. Le maintien du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans ce dispositif traduit une logique pragmatique : la criminalité financière, comme le terrorisme, ignore les lignes de démarcation institutionnelles et appelle des réponses coordonnées.
\n', 'Le nerf de la guerre contre le terrorisme
\nPour les États de l’AES, confrontés à une menace djihadiste persistante, la traçabilité des flux financiers est un enjeu vital. Couper les circuits de financement des groupes armés — traïc d’or, contrebande, rançons — suppose un partage d’informations entre cellules de renseignement financier que seul un cadre régional permet d’organiser. Rester dans le GIABA, c’est aussi conserver l’accès aux standards internationaux du GAFI, indispensables pour ne pas voir leurs économies placées sur des listes grises qui compliquent les transactions bancaires.
\n', 'Des relations à géométrie variable
\nCette coopération ponctuelle illustre la complexité des rapports entre l’AES et la CEDEAO. Sur le plan politique, les discours restent tendus, ponctués d’accusations d’ingérence et de divergences sur la gouvernance. Mais sur les questions de sécurité, de libre circulation et de finances, les deux blocs sont condamnés à composer. Les analystes réunis récemment à Rabat lors de la conférence APSACO l’ont souligné : l’avenir de l’Afrique de l’Ouest se jouera dans sa capacité à maintenir des espaces de dialogue technique, même lorsque la rupture politique semble consommée.
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