L’année 2026 commence sur une trajectoire descendante pour le crédit bancaire dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Entre janvier et mars, l’offre globale de crédit est tombée à 2 510,5 milliards de FCFA, contre 3 146,9 milliards un an plus tôt : une contraction de plus de 20 % qui prive l’économie des six États membres de plus de 636 milliards de FCFA de financement.
('Une demande des entreprises en repli
\nSelon les données de la BEAC, ce recul de 20,22 % en glissement annuel s’explique avant tout par une baisse de la demande émanant des entreprises, principales bénéficiaires du crédit dans la sous-région avec plus de 80 % de l’enveloppe globale. Dans un environnement marqué par l’incertitude, de nombreuses sociétés ont différé leurs projets d’investissement, réduisant mécaniquement leurs sollicitations auprès des banques. Les crédits accordés aux petites et moyennes entreprises, qui représentent près d’un quart des concours, ont mieux résisté, avec un repli plus limité.
\n', 'Un paradoxe en pleine reprise annoncée
\nCe resserrement du crédit intervient alors même que les perspectives macroéconomiques de la zone s’améliorent. La CEMAC table sur une croissance de 3,4 % en 2026, après 2,7 % en 2025, portée par l’accélération du secteur non pétrolier, notamment l’agriculture et les travaux publics. Le décalage entre une économie qui se redresse et un financement bancaire qui se contracte interroge : sans crédit, les entreprises peinent à saisir les opportunités de la reprise, ce qui pourrait brider l’investissement privé dans les mois à venir.
\n', 'La BEAC face à un équilibre délicat
\nPour la banque centrale, l’enjeu consiste à soutenir le financement de l’économie sans relancer les pressions inflationnistes ni fragiliser les réserves de change. La BEAC a continué d’injecter des liquidités auprès des banques commerciales, mais la transmission vers l’économie réelle reste entravée par la prudence des établissements et la faiblesse de la demande solvable. Les autorités monétaires et les États sont appelés à améliorer le climat des affaires et à réduire les risques perçus, condition pour que le crédit redevienne un moteur de la croissance régionale.
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