La Confédération des États du Sahel avance prudemment vers l'un de ses chantiers les plus emblématiques : une monnaie commune. Entre volonté de souveraineté et contraintes techniques, le projet de l'AES se construit pas à pas.
Une ambition monétaire affirmée
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, affichent l'objectif de créer une union économique et monétaire dotée de sa propre monnaie. Pour une large partie des opinions publiques de ces pays, il s'agit de rompre avec le système hérité et d'incarner concrètement la souveraineté revendiquée depuis la création de l'Alliance.
Des étapes déjà franchies
Au-delà des déclarations, l'AES a multiplié les réalisations communes : un passeport et une carte d'identité biométrique aux normes internationales, un droit de douane commun appliqué aux importations hors de la zone, ou encore l'adoption d'un hymne confedéral. Autant de jalons qui dessinent les contours d'un espace intégré et préparent le terrain à une éventuelle monnaie unique.
Prudence et obstacles à surmonter
Les responsables de la Confédération appellent toutefois à la prudence et démentent régulièrement les rumeurs annonçant une monnaie imminente. La création d'une devise souveraine suppose des institutions solides, des réserves et une convergence économique qui prennent du temps. Dans un Sahel où la sécurité demeure la priorité affichée, le projet monétaire avance « à feu doux ».