L'appareil sécuritaire camerounais connaît une recomposition discrète mais significative. Selon des sources concordantes rapportées par Jeune Afrique, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence dans le dispositif de protection du président Paul Biya, aussi bien pour le renseignement que pour la sécurité rapprochée.
Des conseillers américains au cœur du dispositif présidentiel
Des conseillers issus d'agences américaines auraient intégré l'entourage sécuritaire proche du chef de l'État camerounais, une évolution qui marque un tournant dans les équilibres traditionnels entre Yaoundé et ses partenaires occidentaux. Cette coopération renforcée intervient dans un contexte de fragilisation progressive des structures sécuritaires internes, notamment depuis la présidentielle controversée d'octobre 2025 qui a mis à nu plusieurs fractures au sein du RDPC.
La DGRE au cœur des rivalités de clan
La Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) est elle-même traversée par des tensions internes. Son directeur, Jean-Pierre Robins Ghoumo, se retrouve dans le viseur du fils du président, Frank Biya, qui œuvrerait à lui trouver un successeur. Ces manœuvres reflètent les luttes de positionnement qui s'intensifient à mesure que la question de la succession au sommet de l'État camerounais s'impose dans les cercles du pouvoir à Yaoundé.
Le RDPC sous pression, Jean Nkuete fragilisé
Sur le plan partisan, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) affiche une unité de façade qui dissimule mal ses fractures. La présidentielle d'octobre 2025 a particulièrement fragilisé la position de Jean Nkuete à la tête du parti, et son avenir dans cette fonction est ouvertement mis en cause par plusieurs courants internes. Le parti au pouvoir depuis 1985 aborde une période de turbulences inédites, à quelques mois du vingtième anniversaire du Contrat de désendettement et de développement (C2D) signé avec la France.