L'Afrique centrale traverse une période charnière, entre avancées institutionnelles timides et accumulation de crises. Le mois de juin 2026 est marqué par deux événements majeurs : l'ouverture du procès par contumace de l'ex-président centrafricain François Bozizé devant la Cour pénale spéciale, et les premiers signes de relance de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC).
Le procès Bozizé s'ouvre devant la Cour pénale spéciale
La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine a ouvert le 16 juin le procès par contumace de l'ancien chef de l'État François Bozizé. Il est accusé de crimes contre l'humanité commis entre 2009 et 2013, période marquée par des violences graves sur des civils lors de la répression de rébellions armées. L'ex-président, en exil, n'a pas comparu. Ce procès constitue néanmoins un signal fort pour la justice transitionnelle en Afrique centrale, à l'heure où plusieurs groupes armés restent actifs sur le territoire centrafricain.
La CEEAC tente de se réformer
Sur le plan institutionnel, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale, longtemps critiquée pour son manque d'efficacité, donne des signes de renouveau. La nomination d'une nouvelle équipe dirigeante et l'adoption d'un plan stratégique pour la période 2026-2030 ont été saluées par les Nations unies comme des signaux encourageants. L'ONU souligne toutefois que la réforme institutionnelle ne peut suffire face à l'ampleur des défis sécuritaires et humanitaires de la sous-région.
Le Soudan, principal facteur de déstabilisation régionale
Entrée dans sa quatrième année, la guerre au Soudan continue de peser lourdement sur l'ensemble de l'Afrique centrale. Plus de 900 000 réfugiés soudanais ont franchi la frontière tchadienne, auxquels s'ajoutent 300 000 Tchadiens rapatriés. Cette pression humanitaire massive fragilise les capacités d'accueil du Tchad et crée des tensions sur les ressources dans les zones frontalières, accentuant encore les défis d'une région qui peine à stabiliser ses multiples fronts de crise.