LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
Économie — Infrastructures

Corridor ferroviaire Tchad-Cameroun : les Émirats arabes unis entrent via Etihad Rail

Corridor ferroviaire Tchad Cameroun Etihad Rail Émirats CEMAC 2026

Le projet de corridor ferroviaire reliant le Tchad au Cameroun franchit une nouvelle étape avec l'entrée des Émirats arabes unis dans le montage financier et technique. La société Etihad Rail, opérateur national ferroviaire des Émirats, s'associe au projet qui doit désenclaver le Tchad en le connectant au port de Douala via le réseau camerounais.

Un projet structurant pour la zone CEMAC

Le corridor ferroviaire Tchad-Cameroun est l'un des projets d'intégration régionale les plus ambitieux de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Il vise à prolonger la ligne Yaoundé-Ngaoundéré jusqu'à Garoua, Maroua, puis Kousseri, avant de franchir la frontière tchadienne en direction de N'Djamena. Avec une distance totale de plus de 1 500 kilomètres, l'ouvrage représente un investissement colossal et un enjeu stratégique majeur pour la fluidité des échanges commerciaux sahéliens.

Etihad Rail apporte expertise et financement

L'entrée d'Etihad Rail dans le projet apporte un double bénéfice. Côté technique, l'opérateur émirati dispose d'une expertise reconnue dans la construction et la gestion de lignes ferroviaires en milieu aride, un atout précieux pour les tronçons sahéliens du futur corridor. Côté financement, la participation des Émirats arabes unis ouvre la voie à des montages financiers adossés à des fonds souverains du Golfe, traditionnellement plus réactifs que les bailleurs multilatéraux dans ce type de projet d'infrastructure lourde.

Un désenclavement crucial pour le Tchad et le Septentrion

Pour le Tchad, l'un des rares pays enclavés du continent, ce corridor représente une alternative à la route terrestre via le Cameroun, souvent détériorée et peu sécurisée. Pour les régions du Grand Nord camerounais, la liaison ferroviaire offrirait un accès facilité aux marchés intérieurs et à l'export, réduisant le coût logistique qui pèse sur les producteurs agricoles et les échanges transfrontaliers avec le Nigeria et le Niger. Les travaux préparatoires sont attendus d'ici la fin de l'année 2026.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV · Sources : Direction générale du Trésor, presse économique africaine