L'Afrique centrale offre, en ce milieu d'année 2026, un tableau contrasté de transitions politiques en cours, chacune confrontant ses propres contradictions. Du Congo-Brazzaville au Gabon, en passant par la République centrafricaine, les équilibres institutionnels continuent d'évoluer sous la pression d'enjeux économiques et sécuritaires persistants.
Le Gabon poursuit sa feuille de route de transition
Depuis le coup d'État d'août 2023 qui a mis fin au règne d'Ali Bongo, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) mené par le général Brice Oligui Nguema tente de donner un cap à la transition. En juin 2026, le processus de rédaction d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections restent les principaux marqueurs attendus par la communauté internationale et la société civile gabonaise. Les discussions avec les partenaires occidentaux, notamment les États-Unis, se sont réchauffées, laissant envisager une levée progressive des restrictions.
La RCA face à ses fragilités structurelles
En République centrafricaine, la situation reste fragile. Malgré la présence de forces partenaires russes et des opérations conjointes menées par les Forces armées centrafricaines (FACA), des zones du pays échappent encore au contrôle de l'État. Le retour de réfugiés centrafricains depuis le Tchad, signalé par le HCR, est prudemment interprété comme un signe de normalisation relative, sans que les observateurs ne s'autorisent un optimisme excessif.
Congo-Brazzaville et la question de la succession
Au Congo-Brazzaville, la question de la succession au président Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis des décennies, alimente les spéculations politiques. Dans un contexte de baisse des recettes pétrolières et de pression sociale croissante, le gouvernement doit concilier stabilité à court terme et légitimité à moyen terme. La région dans son ensemble reste surveillée de près par la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), dont la relance institutionnelle demeure un chantier ouvert.