Pour la première fois de son histoire moderne, la croissance économique du continent africain devrait dépasser celle de l'Asie en 2026. Les projections révisées à 4,6 % par les grandes institutions multilatérales marquent un tournant symbolique fort, même si les spécialistes appellent à ne pas en surestimer la portée pour les populations les plus vulnérables.
Un chiffre record porté par plusieurs moteurs
Selon les données compilées par Business Africa et les analyses de la Banque mondiale, cette croissance de 4,6 % est portée par plusieurs facteurs concomitants. L'essor des exportations de métaux précieux, de matières premières agricoles et d'énergie alimente en premier lieu les recettes d'exportation. En parallèle, les investissements dans les infrastructures numériques et les énergies renouvelables ont injecté une dynamique nouvelle, particulièrement visible en Afrique de l'Est et au Maghreb.
Des disparités profondes selon les régions
Derrière ce chiffre global, les écarts restent considérables. L'Afrique de l'Ouest et centrale affiche une progression de 4,3 %, tirée notamment par le Nigeria et la Côte d'Ivoire. L'UEMOA croît à 5,3 %, mais ce résultat masque des fragilités au Sahel où les pays de l'AES — Burkina Faso, Mali, Niger — peinent à dégager une croissance inclusive face à l'insécurité et aux chocs climatiques. Le FMI alerte sur les hauts niveaux d'endettement public qui grèvent les marges de manœuvre budgétaires.
L'enjeu de la transformation structurelle
Pour les économistes africains réunis en juin à Brazzaville lors des assemblées de la Banque africaine de développement (BAD), la vraie question n'est pas le taux de croissance mais sa qualité. Création d'emplois, diversification des économies, réduction de la dépendance aux exportations de matières premières non transformées : ces objectifs de long terme peinent encore à se matérialiser dans les pays les moins avancés du continent.