Des citoyens maliens, nigériens et burkinabè vivant en exil ont officiellement fondé l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), une coalition panahélique visant à contester pacifiquement les juntes militaires au pouvoir dans les trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). La structure entend coordonner la résistance civile et diplomatique depuis les capitales européennes et ouest-africaines.
Une plateforme pan-sahélienne créée par des exilés politiques
L’ADS regroupe d’anciens députés, militants des droits de l’homme, journalistes et acteurs de la société civile contraints à l’exil depuis les coups d’État successifs au Mali (2021), en Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). Structurée autour d’un secrétariat provisoire basé à Dakar et Paris, l’alliance dit refuser toute forme de violence et préconise un retour progressif à l’ordre constitutionnel assorti d’une transition civile négociée. Son manifeste fondateur, publié le 20 juin 2026, appelle à la libération des prisonniers politiques et à la réouverture des espaces civiques dans les trois pays.
Un défi politique face aux juntes enracinées
Si la création de l’ADS suscite de l’espoir dans les milieux diasporiques, elle soulève aussi des questions sur sa capacité d’influence concrète. Les juntes de Bamako, Niamey et Ouagadougou ont successivement banni les partis d’opposition, suspendu les activités de nombreuses ONG et coupé leur population de nombreux médias indépendants. L’ADS compte sur le relais des réseaux sociaux, encore accessibles en dépit des restrictions, et sur la pression diplomatique internationale pour se faire entendre.
Une année 2026 décisive pour l’avenir des transitions
L’année 2026 s’annonce comme un tournant pour l’AES : les juntes avaient initialement fixé des délais de transition électorale qui ne sont pas encore honorés, générant une impatience croissante dans les populations locales comme au sein de la communauté internationale. La CEDEAO, bien que marginalisée par le retrait de l’AES, suit de près ces développements. L’ADS envisage d’organiser une conférence internationale à Genève en septembre pour y présenter sa feuille de route et solliciter le soutien d’organes onusiens.