Le gouvernement gabonais de transition a opposé un refus ferme aux demandes de la Maison-Blanche d’accepter sur son territoire des ressortissants de pays tiers expulsés par les autorités américaines. Cette décision illustre les limites de la pression migratoire exercée par Washington en Afrique centrale et ouvre un nouvel épisode de tension diplomatique entre Libreville et les États-Unis.
Washington cherchait des pays d’accueil pour ses expulsés
Dans le cadre de sa politique migratoire durcissante, l’administration américaine avait contacté plusieurs gouvernements africains pour conclure des accords de réadmission de migrants expulsés depuis le territoire américain. Le Gabon, bien que bénéficiant d’une relation historiquement apaisée avec les États-Unis, figure parmi les pays ayant refusé catégoriquement. Libreville estime ne pas avoir vocation à accueillir des ressortissants étrangers qui n’ont aucun lien avec le pays.
Libreville affirme sa souveraineté dans la période de transition
La junte gabonaise, qui avait renversé Ali Bongo Ondimba en août 2023, a progressivement affirmé son indépendance diplomatique tout en maintenant une coopération économique avec les partenaires occidentaux. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que le Gabon « ne peut pas être le dépotoirdes tensions migratoires américaines », ajoutant que tout accord de réadmission devra respecter le droit international et les procédures binatérales établies. Le pays traverse par ailleurs sa propre transition institutionnelle, avec des élections générales prévues avant la fin de l’année 2026.
Un refus qui s’inscrit dans un contexte plus large
Le Gabon n’est pas isolé dans ce refus. Plusieurs nations d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest ont adopté des positions similaires face aux demandes américaines, invoquant la souveraineté nationale et l’absence de bases juridiques solides. Cette tendance reflète une affirmation croissante de l’autonomie diplomatique du continent africain vis-à-vis des grandes puissances, dans un contexte global marqué par la compétition sino-américaine et le reconfiguration des alléances. Les ONG de défense des droits des migrants ont pour leur part salué la position gabonaise.