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Économie — Septentrion

Maroua : le marché à bétail, moteur économique discret du Grand-Nord camerounais

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Au cœur de Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord, le marché à bétail s’impose chaque semaine comme l’un des plus importants du bassin du lac Tchad. Malgré l’insécurité persistante liée à Boko Haram et aux groupes armés non étatiques, des milliers de têtes de bovins, de chèvres et de dromadaires y transitent chaque semaine, générant des revenus essentiels pour les éleveurs des zones frontalières avec le Nigeria, le Tchad et le Niger.

Un carrefour commercial transfrontalier

Le marché à bétail de Maroua attire des vendeurs et acheteurs venus du Tchad, du Niger et du Nigeria. Les transactions se concluent en francs CFA, mais aussi en nairas nigérians, faisant de cet espace un véritable hub de change informel. Selon des témoignages recueillis sur place, le prix d’un boeuf adulte oscille entre 250 000 et 450 000 francs CFA selon la race et l’état de l’animal, soit en hausse de 15 % par rapport à 2025 en raison de la rareté liée aux déplacements forcés des éleveurs.

Un secteur résilient malgré les crises

L’élevage contribue à près de 30 % du PIB agricole de la région du Septentrion. Les autorités locales, appuyées par le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), ont renforcé les dispositifs vétérinaires pour lutter contre la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants, deux maladies qui menaçaient les exportations vers les pays voisins. Un couloir sécurisé a été négocié avec les forces de sécurité pour faciliter le passage des troupeaux entre le mayo-sava et le mayo-tsanaga.

Les éleveurs peuls appellent à plus de protection

Malgré ce dynamisme, les communautés peules Mbororo expriment leur inquiétude face aux vols de bétail et aux rançons exigées sur les pistes transhumantes. Leur porte-parole, Hamidou Hammadou, a interpellé les députés de la région pour qu’une brigade mobile d’escorte soit déployée sur les principaux axes de transhumance avant la prochaine saison sèche. Le marché de Maroua, estimé à plus de 2 milliards de francs CFA de transactions hebdomadaires en période de pointe, reste un enjeu économique majeur pour toute la sous-région.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV