Dans la région de l’Adamaoua, les écoles primaires des zones rurales font face à de profondes disparités par rapport aux établissements urbains de Ngaoundéré. Le ratio élèves par enseignant dépasse 65 pour 1 dans plusieurs arrondissements du Mayo-Banyo et du Vina, bien au-delà de la norme nationale fixée à 45 pour 1 par le Ministère des Enseignements de Base.
Une réforme curriculaire lente à atteindre le terrain
Yaoundé a engagé depuis 2024 une réforme des programmes scolaires pour intégrer davantage de pratiques agricoles, d’élevage et d’arts ménagers dans les curricula du primaire. Mais les délégations départementales de l’Adamaoua peinent à diffuser les nouveaux manuels dans les villages éloignés, faute de budget logistique suffisant. « Nous avons reçu les directives en février, mais les livres ne sont arrivés qu’en mai », témoigne un instituteur d’un village à 40 km de Meiganga.
L’engagement des communautés locales
Face aux carences de l’État, plusieurs associations de parents d’élèves de l’Adamaoua se sont mobilisées pour construire des salles de classe en briques de terre comprimée (BTC), une technique moins coûteuse que le béton. Avec l’appui de l’ONG Plan International Cameroun, plus de 12 salles de classe ont ainsi été livrées depuis janvier 2026 dans des villages du Djérem et du Mbéré. Les populations espèrent que le gouvernement prendra le relais pour les équiper en mobilier scolaire et en énergie solaire.