La situation humanitaire dans l’Extrême-Nord du Cameroun reste d’une gravité préoccupante. Le rapport de situation N°64 de l’OCHA, couvrant la période janvier–mars 2026, documente l’accumulation de crises sécuritaires, alimentaires, nutritionnelles et environnementales qui dégradent profondément les conditions de vie des populations de cette région frontière du Cameroun.
Un contexte marqué par la vulnérabilité chronique
Selon l’OCHA, les attaques de groupes armés non étatiques, les tensions intercommunautaires et la détérioration rapide des moyens de subsistance entretiennent un état de crise persistant. Les incendies répétés dans les sites de déplacés ont par ailleurs réduit à néant les rares biens de familles déjà fragiilisées. La présence de masse de réfugiés fuyant Boko Haram au Nigéria et les groupes armés de RCA et du Tchad aggrave la pression sur les ressources locales.
Insécurité alimentaire et enjeux nutritionnels
Les chiffres de la malnutrition aigüe dans la région demeurent parmi les plus élevés du pays, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. Les perturbations des marchés locaux, liées à l’insécurité des axes routières, restreignent l’approvisionnement alimentaire dans plusieurs localités isolées du Mayo-Sava et du Logone-et-Chari. Les agences humanitaires appellent à un renforcement urgent des réponses de nutrition et de sécurité alimentaire.
Les acteurs humanitaires face à des besoins croissants
Malgré la mobilisation des ONG et des agences onusiennes, l’accès humanitaire reste entravé par l’insécurité et les défis logistiques. L’OCHA appelle à un financement humanitaire accru pour la région, soulignant que les plans de réponse restent sous-financés. La coordination entre autorités camerounaises, forces de défense et partenaires internationaux est présentée comme un facteur clé pour améliorer la protection des populations civiles.