Du 23 au 25 juin 2026, la capitale burkinabè a accueilli un atelier régional stratégique d’une portée considérable : les experts, diplomates et représentants des trois États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — se sont réunis pour élaborer un document-cadre destiné à structurer les futures négociations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Un agenda ambitieux pour réconcilier deux visions
Les travaux ont porté sur plusieurs dossiers fondamentaux : l’intégration régionale, la libre circulation des personnes et des biens, la coopération économique, la sécurité collective et les mécanismes institutionnels de concertation. L’objectif central est de définir une position commune capable de porter une vision cohérente lors des prochains échanges avec l’organisation sous-régionale. La CEDEAO avait sanctionné les trois États en 2023 et 2024 avant de voir la rupture s’officialiser.
Les experts préparent une position commune
La rencontre technique du 24 juin entre les experts des trois pays a permis d’identifier les intérêts stratégiques de la Confédération dans la perspective des négociations. Parmi les points de consensus : le maintien des flux commerciaux, la gestion concertée des menaces terroristes transfrontalières et le respect de la souveraineté respective des États. Ces points seront intégrés dans un mémorandum transmis aux instances de l’AES pour validation.
Un signal d’ouverture dans un contexte tendu
Cet atelier intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’AES et la CEDEAO, marqué par le retrait formel des trois États de l’organisation ouest-africaine. Pourtant, la tenue de cette rencontre est interprétée par plusieurs analystes comme un signal de pragmatisme : les réalités économiques et sécuritaires obligent les deux blocs à envisager des formes minimales de coopération. La conférence APSACO tenue à Rabat mi-juin avait déjà mis en lumière ces dynamiques.