Entrée dans sa quatrième année, la guerre au Soudan continue de produire des effets dévastateurs bien au-delà de ses frontières. Près de 900 000 réfugiés soudanais ont franchi la frontière orientale du Tchad depuis le début du conflit, auxquels s’ajoutent 300 000 Tchadiens de retour dans leur pays. Cette double vague de déplacements fragilise un État déjà sous haute pression.
Le Tchad, plaque tournante d’une crise régionale
N’Djaména absorbe des flux de population que ses structures d’accueil ne peuvent contenir. Les camps de réfugiés sont saturés, les ressources en eau et en nourriture insuffisantes, et les tensions intercommunautaires se multiplient dans les zones d’accueil. Les organismes humanitaires, dont le HCR et PAM, ont lancé des appels urgents au financement : la réponse internationale reste nettement en deçà des besoins identifiés.
La CEEAC tente de se réinventer face aux crises
L’ONU a publié en juin 2026 un rapport soulignant que l’Afrique centrale fait face à une accumulation de crises sans précédent : guerre au Soudan, instabilité en RCA, violences en RDC, et maintenant l’extension de l’épidémie d’Ebola. La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), longtemps critiquée pour son manque d’efficacité, tente de relancer son action avec un nouveau plan stratégique 2026–2030 piloté par une équipe dirigeante renouvelée.
Ebola et frontières fermées compliquent la réponse humanitaire
La réponse humanitaire est encore compliquée par la nouvelle épidémie d’Ebola en Ituri (RDC), qui a conduit certains pays partenaires à fermer leurs frontières avec la RDC et à suspendre les visas à leurs ressortissants. Une réaction que l’OMS juge contre-productive, rappelant que l’isolement entrave l’acheminement des secours et alimente la méfiance envers les autorités sanitaires.