La France est devenue le premier pays hors d’Afrique à confirmer un cas d’Ebola dans le cadre de la 17è épidémie qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) depuis plusieurs semaines. Le patient est un médecin de nationalité congolaise, salarié de l’ONG Alima, qui travaillait à l’épicentre de l’épidémie en province d’Ituri avant d’en repartir le 19 juin dernier. Son état est suivi de près par les autorités sanitaires françaises.
La souche Bundibugyo, sans vaccin spécifique
L’épidémie sévit en Ituri, province du nord-est congolais frontière du Soudan du Sud et de l’Ouganda. La particularité de cette 17è épidémie est de mettre en jeu une souche rare du virus Ebola, dite Bundibugyo, contre laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. En RDC, le bilan dépasse désormais 300 morts et plus de 1 100 personnes contaminées. Des essais cliniques de nouveaux protocoles thérapeutiques ont été lancés par l’OMS.
Des frontières fermées : une réponse contre-productive
Face à l’annonce du cas français, plusieurs pays ont réagi en fermant leurs frontières avec la RDC ou en suspendant les visas. Une réaction que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) juge précisement contre-productive : l’isolement entrave la réponse humanitaire et sanitaire, tout en alimentant la stigmatisation des populations touchées et le déficit de confiance envers les autorités de santé. L’OMS a déclaré une alerte sanitaire internationale pour coordonner la réponse mondiale.
Les leçons des épidémies précédentes
Les épidémies d’Ebola précédentes ont démontré que la transparence, la coordination internationale et l’implication des communautés locales sont les clés d’une maîtrise efficace. En RDC, les centres de traitement déjà saturés — avec un taux d’occupation de plus de 85 % — et le manque d’équipements de base soulignent l’urgence d’un soutien international renforcé. Le souvenir de l’épidémie de 2018–2020 en Ituri, qui avait fait plus de 2 000 morts, accentue la mobilisation des acteurs de santé mondiale.