La localité de Zébé, située à la frontière entre le Cameroun et le Tchad, a été le théâtre d’un bras de fer social le 25 juin 2026. Des jeunes porteurs ont érigé des barricades pour protester contre l’application de nouveaux tarifs de transport sur cet axe vital pour les échanges commerciaux entre les deux pays. Ces tarifs, imposés par des opérateurs tchadiens, ont été jugés prohibitifs par les transporteurs locaux.
Un nœud commercial stratégique bloqué
L’axe Cameroun–Tchad via Zébé constitue l’un des corridors commerciaux les plus fréquentés d’Afrique centrale. Des tonnes de marchandises — produits alimentaires, matériaux de construction, articles manufacturés — transitent chaque semaine par ce point de passage. Le blocage, même temporaire, a immédiatement provoqué des tensions entre les communautés des deux pays et une montée des prix sur les marchés locaux.
Contexte de fragilité économique
Cette crise survient dans un contexte où le Tchad traverse une période d’ajustement économique difficile. La situation humanitaire dans les régions frontières reste critique, avec des milliers de personnes déplacées et dépendantes des flux d’échanges transfrontaliers pour leur subsistance. Les autorités des deux pays ont été appelées à intervenir pour débloquer la situation et ouvrir un dialogue entre les parties en conflit.
Nécessité d’un cadre régional
L’incident de Zébé met en lumière l’absence d’un mécanisme stable de régulation des tarifs de transport transfrontalier entre le Cameroun et le Tchad. Les experts appellent à l’établissement d’un accord bilatéral encadrant les fréts et les conditions d’exploitation des couloirs commerciaux, afin d’éviter que de telles crises se reproduisent et ne fragilisent davantage les populations vivant de part et d’autre de cette frontière.