La Banque confédérale d'investissement et de développement (BCID) de l'Alliance des États du Sahel (AES) tient sa deuxième réunion du conseil des gouverneurs à Bamako ce 27 juin. Les trois États membres — Mali, Burkina Faso et Niger — ont été invités à verser leurs contributions initiales au capital de la banque, estimé à 750 milliards de FCFA lors du Sommet de Bamako de mars 2026. L’institution sera chargée de financer les projets d’infrastructure et de développement de la Confédération.
Un outil d’indépendance économique
La création de la BCID répond à la volonté affichée des dirigeants de l'AES de réduire leur dépendance aux institutions de Bretton Woods et aux bailleurs de fonds occidentaux. Le président malien de transition, Assimi Goïta, avait déclaré lors du Sommet de mars que « le Sahel doit être maître de ses investissements ». La Russie et la Chine figurent parmi les partenaires potentiels de l'institution, qui envisage également d'accueillir des fonds souverains du Golfe.
Le défi de la crédibilité institutionnelle
Les experts soulignent que la viabilité de la BCID dépend en grande partie de la capacité des trois États à alimenter régulièrement son capital et à attirer des investisseurs extérieurs. Or les trois pays font face à des contraintes budgétaires sévères aggravarées par les sanctions de la CEDEAO, même si ces dernières ont été levées pour le Niger et le Burkina Faso. Les ratings de crédit souverain des trois États restent dégradés par les grandes agences internationales.
Un rapprochement avec le Bénin en toile de fond
La réunion de Bamako se tient sur fond du rapprochement diplomatique amorcé entre le Bénin et deux membres de l'AES depuis la visite du président Wadagni à Niamey et Ouagadougou début juin. Certains observateurs y voient la possibilité d'une intégration future du Bénin comme observateur de la Confédération, ce qui renforcerait l'accès de celle-ci aux ports de Cotonou et à la mer.