Une tension extrême règne depuis le 24 juin dans la ville de Zémio, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, dans le sud-est de la République centrafricaine. Selon plusieurs sources locales et des ONG présentes dans la zone, un affrontement a éclaté entre des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) et des combattants du groupe paramilitaire russe Africa Corps, formellement dit Groupe Wagner sous sa précédente dénomination, au sujet du contrôle d'un site d'orpaillage artisanal.
Un différend sur les ressources minières
L'incident s'inscrit dans un contexte de concurrence croissante sur les ressources du sous-sol centrafricain. Le Haut-Mbomou est riche en or, diamants et coltan. Des sources militaires centrafricaines, sous couvert d'anonymat, évoquent une dispute autour du contrôle d'un site d'orpaillage que des éléments russes auraient tenté d'exploiter sans associer leurs homologues centrafricains. Le bilan de l'affrontement n'a pas été officiellement communiqué par Bangui.
Des tensions latentes dans un partenariat asymétrique
Depuis l'arrivée des instructeurs russes en RCA à partir de 2018, des tensions internes ont régulièrement été signalées entre les deux camps, généralement étouffées par les autorités de Bangui. Le gouvernement du président Touadéra reste officiellement attaché au partenariat militaire avec Moscou, qui a transformé la capacité des FACA à contenir les groupes armés, notamment la CPC (Coalition des patriotes pour le changement).
La CEEAC appelle à la retenue
La Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) a pris acte de l'incident et a appelé à la retenue dans un communiqué publié le 26 juin depuis Libreville. L'organisation régionale, qui maintient une présence d'observateurs civils en RCA, a demandé l'ouverture d'une enquête interne dans les meilleurs délais. La population de Zémio, une ville de quelque 20 000 habitants, demeure particulièrement inquiète après ces événements.