L’arrivée des premières pluies de la saison dans l’Extrême-Nord du Cameroun a coûté la vie à une jeune fille, Djamila, emportée par des eaux en crue alors qu’elle revenait de Mawa. Le drame survient dans une région déjà éprouvée par des mois d’insécurité et de crise alimentaire, où les infrastructures restent insuffisantes pour absorber les premiers épisodes pluvieux de l’année.
Un territoire vulnérable face aux caprices du climat
Dans le Mayo-Sava, les violentes pluies qui ont frappé la zone en ce début de saison ont rapidement transformé les pistes et les cours d’eau en pièges mortels. Les populations déplacées installées près des berges, dont beaucoup ont fui les violences des groupes armés non étatiques, sont particulièrement exposées. L’absence de ponts et de passages sécurisés contraint les habitants à traverser à gué des cours d’eau imprévisibles, avec des conséquences parfois tragiques.
Un contexte humanitaire déjà tendu
Selon le dernier rapport de situation de l’OCHA, plus d’un million de personnes étaient en insécurité alimentaire grave dans l’Extrême-Nord au premier trimestre 2026. L’arrivée des pluies, tout en permettant la reprise des cultures, aggrade dans un premier temps la mobilité des populations et des agents humanitaires. Les axes de desserte de plusieurs sous-préfectures redeviennent impraticables durant la saison des pluies, allongeant les délais de livraison de l’aide alimentaire.
Appel à la vigilance des autorités locales
Les services de la protection civile ont rappelé aux habitants des zones inondables de prendre toutes les précautions nécessaires et d’éviter de traverser les cours d’eau gonfls lors des épisodes pluvieux. Des équipes d’alerte précoce des Nations Unies et des ONG partenaires restent en éveil pour anticiper les risques de glissements de terrain et les inondations soudaines. La coordination entre autorités administratives, forces de défense et acteurs humanitaires est présentée comme clé pour limiter le bilan humain de cette nouvelle saison des pluies.