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Santé — Société

Paludisme : une résistance à l’artémisinine s’installe en Afrique, les vaccins en première ligne

Hôpital en Afrique — lutte contre le paludisme et résistance à l'artémisinine

Le paludisme reste la première cause de mortalité infantile en Afrique subsaharienne, mais la lutte contre la maladie fait face en 2026 à un défi majeur : la résistance à l’artémisinine, jusqu’ici connue principalement en Asie du Sud-Est, est désormais confirmée de manière indépendante sur le continent africain. Des études génomiques publiées dans la revue « Nature » confirment que des mutations du parasite Plasmodium falciparum résistantes aux combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) sont apparues localement, sans propagation venue d’Asie.

Une menace qui s’étend à plusieurs pays

Au Mozambique, les cas de paludisme ont plus que quadruplé au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de 2025. En Namibie, le pays a enregistré deux fois et demi plus de cas durant les trois premiers mois de 2026 que sur l’ensemble de l’année 2024. En RDC, une dizaine de décès survenus en mai dans le territoire de Bulungu ont initialement semblé indiquer une maladie inconnue, avant que les analyses ne confirment des cas de paludisme sévère mal pris en charge, problème courant dans les zones reculées d’accès difficile aux soins.

Dix-sept pays africains adoptent la vaccination de masse

La riposte passe de plus en plus par la vaccination. Dix-sept pays africains représentant environ 70 % de la charge mondiale du paludisme ont intégré les vaccins antipaludiques (RTS,S/AS01E et R21/Matrix-M) à leurs programmes de vaccination infantile de routine. Cette généralisation, soutenue par l’OMS et Gavi, constitue un changement de paradigme dans la lutte contre la maladie, qui tue chaque année plus d’un demi-million d’enfants de moins de cinq ans sur le continent.

La réduction des financements, un facteur aggravant

Des experts en santé publique alertent sur le risque lié à la baisse des financements internationaux pour le contrôle du paludisme. Les premiers signes d’impact de cette réduction — moins de moustiquaires distribuées, moins de campagnes de pulvérisation intradomiciliaire, moins de tests de diagnostic rapide disponibles — se font sentir dans plusieurs pays du Sahel et d’Afrique centrale. Dans ce contexte, la vaccination de masse prend une importance stratégique d’autant plus cruciale.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV