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Cameroun — Politique

Cameroun : dans l’ombre de Biya, des conseillers américains prennent la main sur la sécurité

Palais présidentiel en Afrique — illustration coopération sécuritaire

Depuis plusieurs mois, l’appareil sécuritaire camerounais a connu une recomposition silencieuse. Après des décennies de partenariat exclusif avec Israël pour la protection rapprochée du chef de l’État, des conseillers américains ont progressivement élargi leur périmètre d’action au sein des dispositifs de sécurité présidentielle, selon des informations rélevées par plusieurs médias africains spécialisés.

Un pivot stratégique vers Washington

Selon les observateurs, ce pivot vers les États-Unis s’inscrit dans un contexte de redéfinition des alliances dans la région. Washington, soucieux de maintenir une présence influente en Afrique centrale face à la montée en puissance de la Russie et de la Chine, a intensifié sa coopération avec Yaoundé dans les domaines du renseignement et de la formation militaire. Le BIR, unité d’élite de l’armée camerounaise formée notamment par des instructeurs israéliens, bénéficie depuis 2024 d’un programme d’entraînement conjoint avec des forces spéciales américaines basées à Salak.

Fragilité du pouvoir et enjeux de succession

Ce repositionnement intervient alors que l’état de santé du président Paul Biya, 93 ans, suscite des interrogations croissantes. Son absence prolongée des cercles officiels depuis l’élection présidentielle d’octobre 2025 alimente les spéculations sur une transition imminente. Dans ce contexte, l’arrimage aux États-Unis pourrait constituer une garantie pour les cercles dirigeants camerounais souhaitant assurer une continuité institutionnelle stable.

Réactions de l'opposition et des partenaires

Au sein de l’opposition, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles décrivent comme une « externalisation de la souveraineté sécuritaire ». Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a demandé la transparence sur les accords de défense passés avec des partenaires étrangers. Du côté de la société civile, des analystes relèvent que les garanties américaines ont historiquement constitué un facteur de stabilisation dans les transitions politiques africaines, tout en pointant les risques de dépendance accrue vis-à-vis de Washington.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV