L’est de la République démocratique du Congo (RDC) reste le théâtre de combats intenses. Les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l’Alliance fleuve Congo/M23 (AFC/M23) s’affrontent pour le contrôle de la localité de Katoyi, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, dans ce qui constitue l’un des épisodes les plus meurtriers de ces dernières semaines.
Katoyi, un nœud stratégique
La localité de Katoyi est située sur un axe routier clé reliant les villes de Goma et Walikale. Son contrôle représente un enjeu tactique majeur pour les deux camps. L’AFC/M23, soutenu selon Kinshasa par des forces rwandaises — ce que Kigali nie formellement — cherche à consolider une zone tampon dans les hauts plateaux du Nord-Kivu. Les FARDC, appuyées par des unités de la force régionale de la SADC, tentent de rétablir leur présence dans les territoires perdus depuis 2024.
Une catastrophe humanitaire aggravée
La reprise des combats a déclenché de nouveaux mouvements de populations. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), plus de 300 000 déplacés supplémentaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC depuis le mois de mai. Les camps de fortune saturés aux abords de Goma font face à des pénuries d’eau potable et de nourriture, tandis que les structures sanitaires peinent à absorber les blessés civils.
Des négociations à l'arrêt
Sur le plan diplomatique, les négociations entre Kinshasa et les rebelles sous médiation angolaise restent bloquées. Le gouvernement de Félix Tshisekedi conditionne tout dialogue à un retrait préalable des positions occupées par l’AFC/M23, tandis que ce dernier réclame une reconnaissance politique préalable. La communauté internationale, représentée notamment par l’Union africaine et l’Union européenne, multiplie les appels à la retenue, sans effet concret à ce stade.