L’Organisation des Nations Unies a publié ses dernières projections de croissance pour le continent africain en 2026. Malgré la persistance des tensions commerciales internationales, la hausse des taux d’intérêt mondiaux et les conflits armés internes dans plusieurs pays, l’économie africaine devrait progresser d’environ 4 % cette année, contre une moyenne mondiale estimée à 2,8 % selon le FMI.
Des moteurs de croissance diversifiés
L’Agence française de Développement (AFD), dans son édition 2026 de « L’Économie africaine », souligne le rôle croissant des services numériques, de l’agro-industrie et des investissements dans les énergies renouvelables comme moteurs de cette dynamique. Des économies comme le Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Éthiopie et le Rwanda affichent des taux de croissance attendus entre 5 et 7 %, tirant la moyenne continentale vers le haut. En Afrique centrale, la CEMAC devrait afficher une croissance collective de 3 %, portée notamment par les exportations pétrolières camerounaises et gabonaises.
Des fragilités persistantes
Cette projection optimiste doit cependant être mise en perspective avec les disparités importantes entre pays et au sein des pays eux-mêmes. La Libye, le Soudan et la RDC pèsent sur la moyenne régionale avec des économies en contraction ou en stagnation. La dette publique reste élevée dans une vingtaine de pays africains, exposant plusieurs États à des risques de surendettement. L’inflation alimentaire, bien qu’en recul par rapport à 2024, demeure un facteur de pression sur les ménages les plus vulnérables.
L'Afrique et le commerce Sud-Sud en plein essor
Un élément notable mis en avant dans les rapports économiques récents est la montée en puissance des échanges commerciaux entre pays africains, favorisée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les volumes d’échanges intra-africains ont progressé de 12 % entre 2024 et 2026, indiquant une diversification progressivement en marche. Les experts appellent cependant à accélérer l’harmonisation douanière et l’interconnexion des réseaux de transport pour que la ZLECAf tienne toutes ses promesses.