Face à une situation sanitaire préoccupante en Afrique, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont annoncé un plan conjoint de six mois visant à mobiliser 518 millions de dollars. Ce plan couvre la période de juin à novembre 2026 et cible principalement les épidémies d’Ebola et de choléra qui sévissent simultanément dans plusieurs pays africains.
Ebola : urgence internationale déclarée depuis mai 2026
Le 17 mai 2026, l’OMS avait déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) à la suite d’une flambée de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, détectée simultanément en République démocratique du Congo et en Ouganda. La souche Bundibugyo, moins mortelle que la souche Zaïre mais plus difficile à détecter cliniquement, présente des défis spécifiques pour les équipes de riposte. Plusieurs pays frontaliers ont pris des mesures de précaution, dont la suspension temporaire de certains visas.
Choléra : plus de 45 000 cas en Afrique au premier semestre
Parallèlement, la crise du choléra reste aiguë à l’échelle continentale. Plus de 45 000 cas ont été enregistrés entre janvier et fin avril 2026, dans 14 pays principalement d’Afrique centrale et australe. La RDC concentre plus de la moitié de ces cas, avec près de 24 000 infections et plus de 700 décès recensés. La semaine dernière, la République centrafricaine a à son tour déclaré une épidémie active dans les districts de Bimbo et Mbaïki, avec 197 cas confirmés et 24 décès signalés à Bangui.
Un plan qui mise sur le renforcement des systèmes de santé
Au-delà de la riposte immédiate, le plan OMS-Africa CDC vise à renforcer durablement les systèmes de santé nationaux pour prévenir de futurs épisodes épidémiques. Il s’appuie sur les leçons tirées de la réponse anti-mpox de 2024-2025, qui avait permis de circonscrire une flambée grave grâce à une coordination africaine renforcée. Les experts rappellent que la vulnérabilité aux épidémies reste structurellement liée à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à la désertification des personnels de santé dans les zones rurales.