Un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié en juin 2026 dresse un bilan préoccupant de l’accès aux soins de santé de base au Tchad. Plus de 60 % de la population rurale, soit plusieurs millions de personnes, vivent à plus de cinq kilomètres d’un centre de santé fonctionnel, selon les données recueillies.
Un système de santé sous-financé et inégalement réparti
Le Tchad consacre moins de 4 % de son budget national à la santé, l’un des taux les plus faibles d’Afrique centrale. Les établissements de santé sont concentrés dans les zones urbaines, notamment à N’Djaména et dans les chefs-lieux de province, laissant les populations rurales tributaires de tradithérapeutes ou de structures délabrées. Le manque de personnel qualifié — médecins, sages-femmes, infirmiers — aggrave encore la situation dans les zones les plus isolées.
La mortalité maternelle et infantile, indicateurs d'alerte
Le Tchad affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde, avec plus de 1 300 décès pour 100 000 naissances vivantes selon les estimations 2025. La mortalité infanto-juvénile reste également élevée, en grande partie due au paludisme, aux maladies diarrhéiques et à la malnutrition. L’OMS et l’UNICEF appellent à un investissement massif dans les soins primaires et la vaccination.
Des initiatives locales et internationales pour combler les lacunes
Face à ce constat, plusieurs ONG internationales et organisations onusiennes déploient des unités mobiles de santé dans les régions du Sahel tchadien, du Lac et du Tibesti. Le gouvernement a également intégré la couverture santé universelle parmi ses priorités dans le cadre du Plan national de développement. Le recensement général de la population lancé cette semaine devrait fournir des données actualisées indispensables pour orienter les politiques sanitaires à l’horizon 2030.