L’épidémie de maladie à virus Ebola déclarée en République démocratique du Congo (RDC) le 15 mai 2026 reste incontrôlée plus de six semaines après son annonce. Selon les chiffres publiés fin juin par l’Institut national de santé publique congolais (INSP), on dénombre désormais 304 décès pour 1 115 cas confirmés. Le foyer épidémique est situé en Ituri, province du nord-est congolais frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda.
Le virus Bundibugyo, une souche sans vaccin ni traitement
L’épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo, l’une des six espèces du genre Ebolavirus connues. Contrairement aux souches Zaire qui avaient provoqué les grands foyers des années 2010 et pour lesquelles des vaccins ont été développés, Bundibugyo ne dispose d’aucun vaccin ni traitement spécifique homologué. Cela complique considérablement la réponse sanitaire et accroît la pression sur les équipes médicales sur le terrain.
Des centres de traitement saturés, une région isolée
Les centres de traitement Ebola montés avec le soutien de l’OMS et de plusieurs ONG affichent un taux d’occupation de plus de 85 %. La province d’Ituri, zone minière connaissant d’intenses mouvements de populations, est particulièrement propice à la transmission virale. L’accessibilité limitée de la région et l’insuffisance du financement international — la Croix-Rouge internationale fait état d’un déficit de financements — ralentissent la montée en puissance de la réponse.
Un premier cas confirmé en France, alerte européenne
Le 24 juin 2026, la France a confirmé un premier cas d’Ebola sur son territoire : un médecin de retour de RDC a été hospitalisé en unité de soins spécialisée et placé en isolement strict. Si ce cas isolé ne constitue pas une épidémie européenne, il illustre le risque d’exportation du virus via les voyageurs internationaux et renforce les appels à un contrôle épidémique renforcé aux frontières de la RDC.