Près de trois ans après la signature de la Charte du Liptako-Gourma, l’Alliance des États du Sahel (AES) — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — présente un bilan institutionnel plus dense que prévu. Au-delà de la dimension sécuritaire, la Confédération du Sahel s’est dotée d’outils économiques et symboliques qui marquent une volonté de souveraineté durable.
Un passeport biométrique et un tarif douanier communs
Parmi les avancées les plus concrètes, la Confédération a lancé un passeport biométrique commun, facilitant la circulation des ressortissants des trois pays membres. Un tarif douanier conjoint est également entré en application, visant à harmoniser les échanges commerciaux et à réduire les dépendances extérieures. Ces mesures s’inscrivent dans une logique d’intégration économique progressive, en marge des grandes organisations régionales comme la CEDEAO.
Une banque d’investissement et des outils de rayonnement
La Confédération a créé une banque d’investissement commune destinée à financer des projets d’infrastructure et de développement dans les trois pays membres. Par ailleurs, une chaîne de télévision panreg-ionale, un drapeau, un hymne et une présidence tournante fonctionnelle complètent un tableau institutionnel qui s’est structuré plus rapidement que les observateurs ne l’anticipaient.
Des défis persistants malgré les avancées
Si le bilan institutionnel est notable, les défis sécuritaires demeurent considérables. À mi-2026, le contrôle territorial du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et de l’ISSP (Islamic State au Sahel) reste une réalité préoccupante. La question de savoir si la stratégie militaire portée par les juntes parviendra à endiguer les insurrections ji-hadistes reste entierère, selon les analystes spécialistes de la région.