Le procès par contumace de l’ex-président centrafricain François Bozié s’est ouvert le 16 juin 2026 à Bangui. L’ancien chef de l’État, qui avait accédé au pouvoir par un coup d’État en 2003 avant d’en être chassé en 2013, est accusé de crimes contre l’humanité commis entre 2009 et 2013.
Des faits graves sur fond de guerre civile
L’acte d’accusation porte sur des violations massives des droits humains commises sous son règne, notamment des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des déplacements forcés de populations civiles. Ces événements se sont produits dans un contexte de viol-ence généralisée qui a précédé la chute de son gouvernement lors de l’offensive de la coalition Séléka en mars 2013.
Un procès symbolique pour la justice transitionnelle
En l’absence de Bozié, dont la localisation demeure incertaine depuis plusieurs années, ce procès revêt une valeur symbolique forte pour les victimes des violences passées. Les organisations de défense des droits humains présentes à Bangui saluent l’ouverture de cette procédure comme un signal que l’impunité n’est pas inévitable, tout en rappelant que la procédure par contumace limite la portée de la décision finale.
La Centrafrique entre instabilité et transition difficile
La République Centrafricaine demeure l’un des pays les plus fragiles du continent. Malgé la présence de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique) et des forces russes liées au groupe Wagner, des zones étendues restent hors du contrôle de l’État. Ce procès s’inscrit dans un contexte de justice transitionnelle encore balbutiante, où les violences des coalitions armées successives n’ont que rarement donné lieu à des poursuites judiciaires.