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AES — Sahel

AES : le président béninois Wadagni au Niger et au Burkina Faso pour renouer le dialogue

Siège institutionnel en Afrique de l'Ouest, symbolisant les relations diplomatiques AES-CEDEAO

Le nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué dès le début du mois de juin 2026 des visites officielles au Niger et au Burkina Faso, deux des trois membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Ces déplacements constituent un geste diplomatique fort, intervenant après plusieurs années de tensions entre Cotonou et les pays de l’AES depuis les coups d’État qui ont renversé les gouvernements civils de Bamako, Ouagadougou et Niamey.

Un dégel inédit des relations régionales

Les échanges entre Romuald Wadagni et le général Abdourahamane Tiani au Niger ont porté sur les questions sécuritaires, économiques et commerciales. Les deux chefs d’État ont convenu de l’urgence de relancer les flux commerciaux, drastiquement réduits depuis 2023. Les exportations du Bénin vers le Niger avaient chuté de 52,3 % entre 2023 et 2024, avec des conséquences sévères pour les opérateurs économiques des deux pays. Au Burkina Faso, Wadagni a rencontré le capitaine Ibrahim Traoré pour des discussions similaires.

Des enjeux sécuritaires au cœur des négociations

Au-delà du commerce, la sécurité occupe une place centrale dans ces discussions. Le Bénin fait face à une montée des incursions jihadistes dans son nord, notamment dans les départements de l’Atakora et de l’Alibori. Cotonou cherche à établir une coopération transfrontalière efficace avec ses voisins saheliens, même si ceux-ci ont quitté les structures de la CEDEAO. Ces rapprochements bilatéraux pourraient préfigurer une normalisation plus large entre la CEDEAO et l’AES, une perspective que de nombreux observateurs appellent de leurs vœux.

La CEDEAO en quête de nouvelles dynamiques

Ces visites interviennent dans un contexte où la CEDEAO cherche à maintenir des canaux de dialogue avec l’AES malgré la rupture institutionnelle. La démarche de Wadagni illustre une tendance à une diplomatie bilatérale pragmatique qui contourne les blocages multilarataux. Plusieurs capitales ouest-africaines observent attentivement ces échanges, qui pourraient ouvrir la voie à des négociations plus larges pour une réintégration partielle ou un partenariat associatif entre l’AES et la CEDEAO.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV