La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a présenté son plan stratégique 2026-2030, conçu pour redonner de la cohérence à une organisation régionale longtemps critiquée pour son inefficacité face aux crises qui se multiplient dans la sous-région. Une nouvelle équipe dirigeante a pris les commandes de l’institution avec pour mission de réformer en profondeur ses structures et son mode de fonctionnement.
Des crises qui fragilisent l’ensemble de la région
L’Afrique centrale est confrontée à plusieurs foyers de tension simultanés. En République démocratique du Congo, les combats entre l’armée congolaise et les rebelles de l’AFC/M23 continuent de faire des ravages dans le Nord-Kivu, notamment autour de la localité de Katoyi. Par ailleurs, la situation sécuritaire reste explosive à la frontière entre le Tchad et le Soudan, où plus de 900 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge, mettant sous pression les ressources locales et les systèmes humanitaires. Face à une nouvelle épidémie d’Ebola en RDC, plusieurs États ont temporairement fermé leurs frontières.
Un plan ambitieux pour la décennie
Le plan stratégique 2026-2030 de la CEEAC articule ses priorités autour de quatre axes : la paix et la sécurité, l’intégration économique, le développement humain et la gouvernance institutionnelle. L’organisation entend notamment renforcer son mécanisme d’alerte précoce et sa capacité de réponse aux crises, en s’appuyant sur des brigades d’intervention rapide et sur une meilleure coordination avec l’Union africaine. La réforme du système de financement, basé sur les contributions des États membres, est également une priorité, l’organisation ayant souffert par le passé de retards de paiement chroniques.
Les libértés en recul : un constat alarant
L’ONU a souligné dans un rapport publié en juin 2026 que les libertés fondamentales sont en recul dans de nombreux pays d’Afrique centrale, où les espaces civiques se rétrécissent sous l’effet combiné des crises sécuritaires et des dérives autoritaires. La CEEAC dit avoir intégré ces préoccupations dans son nouveau plan, avec des indicateurs de suivi des droits de l’homme et de l’État de droit, même si des observateurs restent sceptiques quant à la volonté politique des États membres de mettre en œuvre de telles dispositions.