Le dernier rapport de situation du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) sur l'Extrême-Nord du Cameroun, couvrant la période de janvier à mars 2026, dresse un constat préoccupant : la région reste confrontée à une accumulation de crises sécuritaires, alimentaires, nutritionnelles et environnementales qui continue de dégrader les conditions de vie des populations.
Plus d'un million de personnes en insécurité alimentaire sévère
Selon les résultats du Cadre harmonisé arrêtés au 16 mars, plus d'un million de personnes se trouvaient en insécurité alimentaire sévère (phase 3) dans l'Extrême-Nord. Cette situation résulte de la combinaison des attaques répétées de groupes armés non étatiques, des tensions intercommunautaires localisées et d'une production agricole fragilisée par l'instabilité persistante dans plusieurs départements de la région.
Des déplacements de population qui se poursuivent
Le rapport recense plus de 15 300 personnes, soit environ 2 235 ménages, contraintes de quitter leur localité d'origine au cours du trimestre pour échapper aux attaques, aux incursions armées et aux menaces croissantes qui pèsent sur certaines zones rurales. Ces nouveaux déplacements s'ajoutent à une population déplacée déjà nombreuse, hébergée dans des sites parfois eux-mêmes touchés par des incendies à répétition.
Des besoins humanitaires qui dépassent les capacités de réponse
Face à cette situation multidimensionnelle, les acteurs humanitaires présents dans l'Extrême-Nord appellent à un renforcement du financement des opérations d'urgence, alors que les besoins en matière de sécurité alimentaire, de nutrition, d'abris et de protection continuent de croître plus vite que les ressources disponibles pour y répondre.