Interrogé à Yaoundé le 29 juin 2026 à l'issue du Comité de politique monétaire, le gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a confirmé que la suspension du dispositif de refinancement productif, actée le 2 avril, répondait à une demande explicite du Fonds monétaire international. Un arbitrage qui cristallise le débat économique dans la zone Cemac.
Un dispositif suspendu sous pression
Le refinancement productif, qui permettait aux banques de la sous-région de financer à moindre coût des projets industriels et agricoles, avait été présenté comme un levier de transformation économique. Sa suspension, demandée par le FMI au nom de la stabilité monétaire, prive les économies de la Cemac d'un canal de financement de long terme.
Défense du franc CFA contre industrialisation
L'arbitrage entre la défense du franc CFA — et du niveau des réserves de change — et le financement de l'industrialisation devient un axe structurant de la surveillance macroéconomique régionale. Les partisans du dispositif y voyaient un outil de souveraineté économique ; ses détracteurs pointaient un risque d'excès de liquidité et de pression sur la monnaie.
Une croissance régionale qui reste modérée
Selon la Banque mondiale, l'activité économique de l'Afrique de l'Ouest et du Centre devrait progresser de 4,3 % en 2026, avant de se raffermir autour de 4,6 % par an en 2027-2028. Dans la Cemac, la diversification des économies, encore très dépendantes du pétrole, reste le principal défi de moyen terme.