D'un pays à l'autre de la zone franc, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) varie du simple au plus du triple : de 35 000 FCFA dans les pays les plus modestes à 129 035 FCFA en Guinée équatoriale. Un écart qui en dit long sur les niveaux de développement et les capacités de redistribution des États partageant la même monnaie.
La Guinée équatoriale loin devant
Avec un SMIG établi à 129 035 FCFA, la Guinée équatoriale affiche le salaire minimum le plus élevé de la zone franc. Ce niveau exceptionnel s'explique par la rente pétrolière qui alimente les caisses de l'État, dans un pays faiblement peuplé où le coût de la vie demeure toutefois parmi les plus élevés de la sous-région.
Des écarts qui interrogent l'union monétaire
Si la monnaie est commune, les politiques salariales restent nationales. Entre les pays de l'UEMOA et ceux de la CEMAC, les écarts de SMIG reflètent des structures économiques très différentes : poids de l'informel, productivité, inflation et fiscalité. Pour les économistes, ces disparités compliquent la convergence macroéconomique affichée comme objectif par les deux unions.
Le pouvoir d'achat, vrai baromètre social
Au-delà du montant nominal, c'est le pouvoir d'achat réel qui préoccupe les syndicats : dans plusieurs pays, le SMIG n'a pas été revalorisé depuis des années malgré la hausse des prix alimentaires et de l'énergie. La question d'une revalorisation coordonnée devrait s'inviter dans les prochaines discussions sociales, du Dakar à Yaoundé.