À Maroua, chef-lieu de l'Extrême-Nord, une réunion d'évaluation consacrée à la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme a permis de faire le point sur les stratégies locales de lutte contre les discours de haine et la xénophobie. Dans une région à la mosaïque communautaire particulièrement riche, la cohésion sociale demeure un impératif.
Une région à la diversité exceptionnelle
L'Extrême-Nord se caractérise par une pluralité de communautés, de langues et de traditions, façonnée par des siècles de brassage et par les mobilités humaines autour du bassin du lac Tchad. Cette richesse constitue un atout, mais elle peut aussi devenir un terrain propice aux tensions lorsque les difficultés économiques et sécuritaires nourrissent les préjugés et les rivalités entre groupes.
Prévenir les fractures par le dialogue
Les responsables chargés de la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ont insisté sur la nécessité d'agir en amont, en sensibilisant les populations, les leaders communautaires et les jeunes aux dangers des discours de haine. Le renforcement des mécanismes locaux d'alerte et de médiation vise à désamorcer les conflits avant qu'ils ne s'enveniment, dans un contexte régional déjà fragilisé.
La cohésion sociale, condition de la stabilité
Pour les autorités et la société civile, préserver le vivre-ensemble est indissociable des efforts de stabilisation et de développement de l'Extrême-Nord. La lutte contre la xénophobie et les propos incitant à la division est présentée comme un investissement de long terme, condition d'une paix durable dans une région où la solidarité entre communautés a toujours été un rempart face à l'adversité.