Le Cameroun veut produire son propre blé. Les autorités ont validé un plan triennal de 30,9 milliards de FCFA, soit environ 47,1 millions d'euros, destiné à porter la production nationale à 180 000 tonnes d'ici 2027. Les régions septentrionales — Nord, Extrême-Nord et Adamaoua — figurent parmi les principaux bassins identifiés pour cette relance.
Réduire une lourde facture d'importation
Le pays reste très dépendant des achats extérieurs : ses importations de blé tendre ont atteint environ 1,1 million de tonnes en 2025, pour un coût proche de 286 millions d'euros. Face à cette dépendance et à la volatilité des prix mondiaux, le gouvernement mise sur une production locale susceptible d'alléger la facture, de soutenir la filière boulangère nationale et de limiter l'exposition du marché intérieur aux chocs extérieurs.
Le Grand Nord au cœur du dispositif
Le plan prévoit la mise en culture de 4 500 hectares dédiés à la production de 9 000 tonnes de semences certifiées, appelées à approvisionner les champs commerciaux. Les régions du Nord, de l'Extrême-Nord et de l'Adamaoua, aux côtés de l'Ouest et du Nord-Ouest, ont été retenues parmi les zones les plus favorables. Pour le Septentrion, cette orientation représente une opportunité d'activité agricole et de revenus pour les producteurs locaux.
Un pari qui reste à confirmer
Le programme prévoit un accompagnement technique des producteurs — intrants, produits phytosanitaires, conseil agronomique — ainsi que le développement d'infrastructures de stockage, de transformation et de commercialisation. Reste à confirmer la compétitivité d'une filière encore émergente, dans un contexte où les rendements, le climat et l'accès aux marchés conditionneront la réussite d'un pari agricole de longue haleine pour le Cameroun.