La diplomatie ouest-africaine avance sur un fil. Le médiateur désigné par la CEDEAO, Lansana Kouyaté, a été reçu à Abidjan par le président ivoirien, dans une démarche de recherche d'apaisement avec les États de l'Alliance des États du Sahel (AES). Entre volonté de dialogue et contentieux persistants avec les autorités de transition, l'exercice reste délicat.
Un dialogue renoué malgré les ruptures
Depuis le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, les relations entre l'organisation régionale et les trois pays sahéliens demeurent tendues. La médiation confiée à Lansana Kouyaté vise à maintenir des canaux de communication, à préserver la libre circulation des personnes et des biens et à éviter que la rupture institutionnelle ne se traduise par une fracture durable au sein de l'Afrique de l'Ouest.
La Côte d'Ivoire en première ligne
La diplomatie ivoirienne joue un rôle central dans cette recherche d'apaisement, en raison de son poids économique régional et de ses liens historiques avec les pays du Sahel. Les échanges d'Abidjan s'inscrivent dans un contexte marqué par les pressions sécuritaires, notamment les offensives de groupes armés dans le nord du Mali, qui rendent la coopération régionale d'autant plus nécessaire.
Des contentieux qui restent entiers
Si les gestes de dialogue se multiplient, les divergences de fond persistent : souveraineté, gouvernance des transitions et orientation des partenariats internationaux continuent de séparer la CEDEAO et l'AES. Pour les populations, l'enjeu concret demeure la préservation des échanges commerciaux et des solidarités transfrontalières, que trois quarts de siècle d'histoire commune ont profondément enracinés dans la région.