En zone CEMAC, un bras de fer s'est engagé entre la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) et le Fonds monétaire international (FMI) autour du guichet de refinancement dit « productif ». La banque centrale entend préserver cet outil de soutien à l'industrialisation régionale, quand le FMI plaide pour sa disparition progressive.
Un outil de soutien à l'industrialisation
Le guichet de refinancement productif vise à orienter le crédit vers les secteurs porteurs de transformation locale et de valeur ajoutée. Pour la BEAC, dont le gouverneur a confirmé que la suspension du mécanisme en avril répondait à une demande explicite du FMI, il s'agit d'un levier légitime pour accompagner l'industrialisation d'une sous-région encore trop dépendante de l'exportation de matières premières brutes.
Une croissance attendue en repli
Sur le plan macroéconomique, la BEAC anticipe un tassement de la croissance en zone CEMAC en 2026, dans un environnement international incertain. La banque centrale mise néanmoins sur une inflation maîtrisée et sur un franc CFA stable, soutenu par un renforcement attendu des réserves de change, estimées autour de 4,52 mois d'importations contre 4,22 mois un an plus tôt.
Intégration régionale sous tension
Ce débat monétaire intervient alors que la CEMAC traverse des turbulences institutionnelles, entre difficultés de trésorerie et interrogations sur la gouvernance de ses organes communs. Pour les autorités monétaires, préserver la crédibilité de la politique de change et la solidité du franc CFA reste un impératif, condition d'un climat propice aux investissements et à l'intégration effective des économies d'Afrique centrale.