Le secteur minier s'impose comme un pilier de la stratégie de souveraineté de l'Alliance des États du Sahel (AES). Au Mali, le Salon des industries extractives (SIEM 2026) offre une plateforme d'échanges destinée à valoriser les ressources du sous-sol et à afficher la volonté des États sahéliens de tirer davantage profit de leur or, de leur lithium et de leurs autres richesses minières.
Reprendre la main sur les ressources
Au cœur du projet souverainiste de l'AES figure la maîtrise des ressources naturelles. Réforme des codes miniers, renégociation des contrats, création de raffineries locales : les trois pays — Mali, Burkina Faso, Niger — entendent capter une part accrue de la valeur produite sur leur sol. Le SIEM 2026 se veut une vitrine de cette ambition, en réunissant acteurs publics, investisseurs et opérateurs du secteur extractif.
Un levier économique pour la Confédération
Alors que l'AES a fait de 2026 son « année de la preuve », le secteur minier apparaît comme un levier de financement des projets communs. Les recettes tirées des exportations doivent contribuer à alimenter les instruments confédéraux, dont la Banque d'investissement, et à soutenir les infrastructures. La transformation locale des minerais, encore embryonnaire, est présentée comme la clé d'une industrialisation créatrice d'emplois.
Entre ambitions et réalités du terrain
Le pari reste toutefois exigeant. Attirer les capitaux nécessaires, sécuriser les zones de production et développer des compétences techniques locales demandera du temps et des moyens. Pour les populations du Sahel, la réussite se mesurera à l'aune de retombées concrètes : emplois, infrastructures et services financés par la manne minière. Le SIEM 2026 illustre une ambition assumée ; sa concrétisation dira si le discours de souveraineté se traduit en développement.