Le Cameroun se trouve à un carrefour de sa politique économique. Après plusieurs années de coopération avec le Fonds monétaire international, le pays doit se prononcer sur un éventuel nouveau programme couvrant la période 2026-2029. Un choix décisif, alors que la BEAC anticipe une croissance de l'ordre de 3,2 % dans la zone CEMAC et met en garde contre la fragilité persistante des finances publiques.
Un rendez-vous économique déterminant
Entre 2017 et 2025, le Cameroun a bénéficié de programmes successifs appuyés par le FMI, mobilisant d'importantes ressources financières. Sans nouvel accord, ces appuis risqueraient de se tarir, privant l'État de financements jugés essentiels pour ses investissements et le service de sa dette. La décision d'engager ou non un nouveau cycle avec l'institution de Washington pèsera sur la trajectoire budgétaire du pays pour les prochaines années.
Croissance modérée et finances sous surveillance
Les projections tablent sur un léger rebond de la croissance camerounaise, soutenu notamment par l'investissement public. Mais les institutions financières alertent sur la vulnérabilité des comptes publics : pression de la dette, recettes fiscales à consolider et besoin de rationaliser les dépenses. La BEAC, qui a récemment ajusté ses prévisions à la hausse pour la CEMAC, insiste sur la nécessité de préserver les réserves de change et la stabilité de la sous-région.
Réformes et marges de manœuvre
Un accord avec le FMI s'accompagne généralement d'engagements de réformes : gouvernance des finances publiques, transparence, climat des affaires. Pour les autorités camerounaises, l'équation consiste à concilier discipline budgétaire et financement du développement, sans peser excessivement sur les ménages. Le choix qui sera arrêté enverra un signal fort aux investisseurs et aux partenaires sur la crédibilité de la stratégie économique du pays.