À l'occasion du deuxième anniversaire de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES), le président burkinabè et président en exercice Ibrahim Traoré a haussé le ton. Il dénonce une « guerre économique et médiatique d'une ampleur jamais égalée » menée, selon lui, contre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, dans le but de freiner la structuration de la Confédération.
Un discours de souveraineté assumé
Depuis les changements politiques intervenus dans les trois pays, les dirigeants de l'AES ont fait de la souveraineté leur mot d'ordre. Dans son allocution, le président de la Confédération a insisté sur la volonté commune de bâtir une intégration économique, sécuritaire et politique affranchie des tutelles extérieures. Il présente les pressions actuelles comme la preuve que le projet fédérateur dérange, tout en appelant les populations à l'unité et à la résilience.
Une pression sur plusieurs fronts
Les autorités de l'AES estiment faire face à des contraintes multiples : campagnes d'information hostiles, restrictions économiques et tensions diplomatiques régionales. Elles y opposent la mise en place progressive d'institutions communes, de projets d'infrastructures et de mécanismes de coopération. La Confédération, née en juillet 2024, cherche à consolider ses acquis et à démontrer sa capacité à répondre aux besoins de ses populations.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
Ce discours intervient alors que le Sahel reste marqué par une menace armée persistante. Les attaques quasi simultanées enregistrées au tournant de juin et juillet 2026 dans les trois pays illustrent la stratégie d'usure des groupes armés. Pour l'AES, l'enjeu est de tenir sur le double front sécuritaire et économique, tout en préservant la cohésion d'un ensemble encore jeune, dont la solidité conditionnera l'avenir de l'espace sahélien.