La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) livre des perspectives contrastées pour la zone CEMAC. L'institution anticipe un repli de la croissance en 2026, tout en soulignant des équilibres macroéconomiques préservés : inflation maîtrisée, franc CFA stable et réserves de change en hausse. Un tableau qui invite à la prudence pour les six pays de la communauté.
Une croissance en ralentissement
Selon les projections de la BEAC, la croissance de la CEMAC devrait s'établir autour de 2,9 % en 2026, contre environ 3,5 % l'année précédente. Ce ralentissement traduit un environnement mondial incertain et la dépendance des économies de la sous-région aux recettes tirées des matières premières, notamment pétrolières. La diversification des économies demeure un chantier majeur pour amortir ces cycles et soutenir l'emploi.
Stabilité monétaire et réserves en hausse
Dans le même temps, la banque centrale met en avant des fondamentaux jugés solides. L'inflation resterait contenue et le franc CFA, arrimé à l'euro, conserverait sa stabilité. La BEAC anticipe un renforcement des réserves de change, portées à l'équivalent d'environ 4,5 mois d'importations de biens et services, contre un peu plus de 4 mois un an plus tôt. Ces marges constituent un filet de sécurité face aux chocs extérieurs.
Des arbitrages budgétaires délicats
Pour les gouvernements de la CEMAC, l'enjeu consiste à conjuguer discipline budgétaire, investissements structurants et réponse aux besoins sociaux. Le ralentissement de la croissance réduit les marges de manœuvre, alors que les attentes en matière d'infrastructures, d'éducation et de santé restent fortes. La consolidation des réserves et la maîtrise de l'inflation offrent toutefois un socle pour préparer, sans précipitation, une reprise plus solide.