Le choléra reste une menace récurrente pour de nombreuses régions d'Afrique. Alors que des flambées frappent plusieurs zones du bassin du lac Tchad, dont l'Extrême-Nord camerounais, les acteurs de santé rappellent une évidence trop souvent négligée : derrière chaque épidémie se cache d'abord un problème d'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
Une maladie de la pauvreté hydrique
Le choléra se transmet principalement par l'eau et les aliments contaminés. Sa propagation est étroitement liée au manque d'eau potable, à l'insuffisance des installations sanitaires et à la promiscuité, autant de conditions fréquentes dans les zones frontalières et les camps de déplacés. Les enfants figurent parmi les plus vulnérables. Traiter l'urgence médicale ne suffit pas : c'est la source de la contamination qu'il faut tarir.
Riposte d'urgence et prévention
Face aux flambées, les autorités sanitaires mobilisent surveillance épidémiologique, prise en charge des malades, campagnes d'hygiène et, lorsque c'est possible, vaccination. Mais les spécialistes insistent : sans investissement durable dans les réseaux d'eau, les forages, l'assainissement et la sensibilisation des populations, les épidémies se reproduiront. La coordination transfrontalière est indispensable dans un bassin partagé par plusieurs pays.
Un objectif d'élimination à l'horizon 2030
Plusieurs pays africains, dont le Cameroun, se sont fixé pour cap l'élimination du choléra à l'horizon 2030. Un objectif réaliste à condition de conjuguer réponse d'urgence et politiques structurelles : accès universel à l'eau saine, assainissement, éducation à l'hygiène et renforcement des systèmes de santé. La lutte contre le choléra est, en définitive, un test de la capacité des États à garantir des droits humains fondamentaux.