Face à une épidémie de choléra qui ne faiblit pas, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC-Afrique) changent de méthode : l'agence continentale adapte à la lutte contre le vibrion la stratégie de coordination qui a fait ses preuves contre le mpox. Depuis janvier 2024, plus de 178 000 cas de choléra et plus de 1 600 décès ont été recensés sur le continent.
Quatre pays concentrent l'essentiel des cas
L'Angola, la République démocratique du Congo, le Soudan et le Soudan du Sud concentrent à eux seuls plus de 90 % des cas notifiés. Au Soudan, une nouvelle flambée a fait au moins 120 morts depuis le mois de mai, avec plus d'un millier de cas suspects dans des zones de guerre difficiles d'accès, où le conflit, les contraintes logistiques et l'insuffisance des approvisionnements entretiennent des flambées quasi continues.
Ce que la riposte mpox a appris au continent
La réponse continentale au mpox, coordonnée par le CDC-Afrique et l'OMS, avait permis de mutualiser la surveillance épidémiologique, d'accélérer l'accès aux vaccins et d'harmoniser les plans nationaux de riposte entre des dizaines de pays. C'est cette architecture — centre d'opérations d'urgence conjoint, gestion commune des stocks, équipes d'appui déployables — que l'agence transpose aujourd'hui au choléra, avec l'ambition de raccourcir les délais entre l'alerte et la riposte sur le terrain.
L'eau et l'assainissement, réponse de fond
Les spécialistes le rappellent inlassablement : le choléra est d'abord une maladie de la pauvreté hydrique. Sans investissements durables dans l'eau potable, l'assainissement et l'hygiène, les campagnes de vaccination et les traitements d'urgence ne feront que contenir les flambées successives. Du bassin du lac Tchad à la corne de l'Afrique, l'objectif d'élimination du choléra à l'horizon 2030 passera par la conjugaison de la riposte d'urgence et de ces politiques structurelles.