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Sahel — AES

Niger : l'uranium, pilier de la souveraineté minière, en quête de nouveaux corridors d'exportation

Activité minière et industrielle en Afrique, illustration du secteur de l'uranium nigérien

L'uranium reste au cœur de la stratégie économique du Niger et, au-delà, de la Confédération des États du Sahel. Entre le gel persistant des exportations par le corridor béninois, le bras de fer avec le groupe français Orano et l'entrée en production annoncée de la mine de Dasa, Niamey veut transformer sa première richesse minière en levier de souveraineté — un chantier emblématique de la « guerre économique » que dénoncent les dirigeants de l'AES.

Des exportations toujours entravées

Représentant environ un cinquième des exportations du pays, l'uranium nigérien souffre depuis 2023 de la fermeture des débouchés historiques via le port de Cotonou, conséquence de la rupture diplomatique avec le Bénin. Faute d'accord, les autorités et les opérateurs explorent des itinéraires alternatifs : la route algérienne vers le nord, le passage par le Nigeria voisin, ou encore le corridor Burkina Faso–Togo, qui présenterait l'avantage de rester à l'intérieur de l'espace ami de l'AES et de ses partenaires.

Dasa, le pari de la nouvelle génération de mines

Pendant que le traitement du minerai connaît des interruptions sur les sites historiques d'Arlit, l'espoir se porte sur la mine de Dasa, développée par la compagnie canadienne Global Atomic, dont l'entrée en production est attendue courant 2026. Ce projet, l'un des plus importants gisements d'uranium à haute teneur du continent, doit démontrer que le Niger peut attirer de nouveaux investisseurs à des conditions renégociées, plus favorables à l'État et aux communautés locales.

Une ressource stratégique dans un monde en demande

La conjoncture mondiale joue en faveur de Niamey : la relance du nucléaire civil en Europe, en Asie et dans le Golfe soutient des cours de l'uranium historiquement élevés. Avec le Mali et le Burkina Faso, qui réforment leurs codes miniers autour de l'or et du lithium, le Niger participe d'un même mouvement : reprendre la main sur les ressources stratégiques et en capter une part accrue de la valeur. Reste à sécuriser les corridors logistiques, talon d'Achille de cette ambition souverainiste.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV