C'est l'un des rares signaux nettement positifs du tableau macroéconomique de l'Afrique centrale : selon le scénario de base de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), les réserves de change de la CEMAC progresseraient de 25 % en 2026 pour s'établir à 7 962,3 milliards de FCFA au 31 décembre, soit une couverture de 4,72 mois d'importations de biens et services. Un matelas renforcé qui conforte la stabilité du franc CFA.
Deux eurobonds en soutien
Cette progression attendue des avoirs extérieurs serait portée en grande partie par deux émissions d'eurobonds réalisées par des États membres, qui viendraient regarnir les comptes d'opérations de la banque centrale. S'y ajoutent les rapatriements de recettes d'exportation, notamment pétrolières et gazières, dont la BEAC a durci le contrôle ces dernières années, ainsi que les appuis budgétaires des partenaires multilatéraux.
Un contrepoint à une croissance en repli
Ce renforcement des réserves intervient alors même que la conjoncture réelle marque le pas : la BEAC anticipe un ralentissement de la croissance de la zone à 2,9 % en 2026, contre 3,5 % en 2025, sur fond de déclin tendanciel de la production pétrolière et de consolidation budgétaire. L'inflation, elle, resterait globalement maîtrisée à l'échelle communautaire, même si plusieurs capitales dépassent encore le seuil de tolérance de 3 %.
La crédibilité du franc CFA en jeu
Pour la banque centrale, l'enjeu dépasse la statistique : un niveau de réserves supérieur à quatre mois et demi d'importations éloigne le spectre — régulièrement agité — d'un ajustement de la parité du franc CFA d'Afrique centrale, et renforce la position de la BEAC dans ses discussions avec le FMI, notamment sur le devenir du guichet de refinancement productif. Les économistes rappellent toutefois que la solidité extérieure de la zone reste tributaire des cours des hydrocarbures et de la discipline de rapatriement des recettes par les États et les compagnies.