LE SAHEL TVL’info africaine 24h/24
← Retour à l’accueil
Cameroun — Nord

Coton : à Gouna, la Sodecoton pose la première pierre d'une nouvelle usine d'égrenage

Activité économique et commerciale en Afrique, illustration de la filière coton du Nord Cameroun

C'est un nouveau jalon pour la filière coton du Grand Nord : à Gouna, dans le département de la Bénoué, le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, a posé la première pierre d'une usine d'égrenage de la Société de développement du coton (Sodecoton). Il s'agira de la dixième unité industrielle de l'entreprise, un investissement qui vise à rapprocher l'outil de transformation des bassins de production du Nord.

Une dixième unité industrielle au cœur de la Bénoué

Le choix de Gouna n'est pas anodin. La localité se situe au cœur d'un des bassins cotonniers les plus dynamiques du pays, où les producteurs doivent aujourd'hui acheminer leur récolte vers des usines parfois éloignées, avec des coûts de transport qui pèsent sur les revenus. En installant une capacité d'égrenage supplémentaire dans la Bénoué, la Sodecoton entend réduire ces délais, limiter les pertes et améliorer la qualité de la fibre livrée aux marchés.

Une campagne record en ligne de mire

L'annonce intervient alors que la société anticipe une production d'environ 440 000 tonnes de coton graine au terme de la campagne 2025-2026, soit une hausse d'environ 100 000 tonnes sur un an. Si ce niveau est confirmé, il constituerait un record historique pour la filière nationale. La performance est d'autant plus notable que les superficies cultivées avaient reculé ces dernières années, passant de 234 000 hectares à environ 197 000 hectares entre 2023 et 2025, sous l'effet conjugué des aléas climatiques et des attaques de ravageurs.

Transformer localement, un impératif économique

La filière reste toutefois exposée à deux menaces bien identifiées : les dérèglements climatiques, qui provoquent des inondations dans les bassins de production entre août et septembre, et la prolifération des jassides, ces insectes qui ont détruit 11 000 hectares en 2024 et affecté 17 000 autres. Pour les acteurs du secteur, l'augmentation des capacités de transformation locale est la meilleure réponse structurelle : elle sécurise les débouchés des producteurs, crée des emplois industriels dans le Septentrion et augmente la valeur ajoutée captée sur place.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV