Les deux banques centrales de la zone franc, la BCEAO en Afrique de l'Ouest et la BEAC en Afrique centrale, abordent une nouvelle séquence monétaire sous tension. Garantes de la parité fixe entre le franc CFA et l'euro, elles suivent de près les décisions de taux de la Banque centrale européenne (BCE), qui pèsent mécaniquement sur leurs propres marges de manœuvre.
L'ancrage à l'euro, une contrainte structurante
Le franc CFA reste arrimé à l'euro par une parité fixe, à raison de 655,957 francs pour un euro. Cet ancrage garantit une stabilité de change appréciée des opérateurs, mais il lie étroitement les orientations de la BCEAO et de la BEAC à celles de la BCE. Lorsque Francfort ajuste ses taux, les banques centrales africaines doivent en tenir compte pour préserver la crédibilité de la parité et la maîtrise de l'inflation importée.
Une conjoncture marquée par l'énergie
Les dernières notes de conjoncture régionales soulignent la sensibilité des économies de la zone à l'évolution des prix des produits énergétiques. Le renchérissement du pétrole et des coûts de fret alimente des tensions sur les prix et sur les équilibres extérieurs. Dans ce contexte, l'arbitrage entre soutien à l'activité et lutte contre l'inflation devient plus délicat pour les autorités monétaires.
Financer le développement sans fragiliser la stabilité
Au-delà de la question des taux, l'enjeu de fond demeure le financement des économies : crédit aux entreprises, investissements publics, inclusion financière. Les deux institutions doivent concilier l'appui au développement avec la préservation des réserves de change et de la stabilité monétaire. Un équilibre exigeant, dans une période où les partenaires extérieurs et les marchés observent attentivement la trajectoire de la zone franc.