C'est le 13 juillet 2025 que le président camerounais Paul Biya avait officialisé, via un message sur ses réseaux sociaux, sa candidature à sa propre succession. Un an après cette annonce et après sa réélection à l'élection présidentielle d'octobre 2025 avec 53,66 % des suffrages, le plus ancien chef d'État en exercice du continent dirige un Cameroun toujours traversé par de profondes tensions politiques et sécuritaires.
Une réélection contestée
La victoire de Paul Biya au scrutin d'octobre 2025 avait été validée par le Conseil constitutionnel, mais contestée par une partie de l'opposition, l'ancien ministre Issa Tchiroma Bakary ayant notamment remis en cause le décompte officiel des voix. Cette contestation avait alimenté un climat de défiance qui continue de marquer la vie politique camerounaise, dans un contexte où les appels à l'apaisement se multiplient sans toujours être suivis d'effets.
Des crises sécuritaires persistantes
Sur le plan sécuritaire, le pays reste confronté à plusieurs foyers de tension : les incursions de Boko Haram dans la région de l'Extrême-Nord, la crise séparatiste dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que des enjeux de gouvernance et de cohésion nationale. Ces défis pèsent sur la stabilité d'un État confronté à des attentes sociales fortes, notamment de la part d'une jeunesse nombreuse et en quête de débouchés.
Une opposition en quête de recomposition
Face au parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), l'opposition cherche encore à se structurer et à surmonter ses divisions, un an après une élection qui n'a pas rebattu les cartes du paysage politique. Les mois à venir seront scrutés de près, tant pour la capacité des forces d'opposition à peser dans le débat public que pour la manière dont le pouvoir entend répondre aux revendications d'une société en attente de réformes.